Entretien avec Angelina Lutambi, Tanzanie

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Angela Lutambi (left) with follow participant Tendai Mugwagwa
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Angela Lutambi (left) with follow participant Tendai Mugwagwa

Q: Pourquoi avez-vous envoyer votre candidature pour participer à cours?

J’ai envoyé ma candidature parce que j’ai une formation en modélisation du VIH et que cela m’intéresse. En fait, je pourrais aussi modéliser la malaria puisque j’ai dû le faire pour un projet de recherche particulier.

Q: Comment vous êtes-vous intéressée à la modélisation ?

La région d’où je viens a été le premier endroit où les gens ont commencé à mourir du SIDA/VIH. Je suis allée à l’école secondaire dans une région voisine qui était déjà lourdement touchée par la pandémie de SIDA. Là-bas, les gens mourraient et les familles pleuraient leurs morts. Je me suis demandée : « que se passe-t-il ? » Je ne connaissais pas la maladie, mais elle causait également des troubles au sein de la communauté. C’était vraiment très dur. Plus tard, je suis allée à l’université et j’ai obtenu un diplôme en mathématiques et physiques, et nous avions également des cours de psychologie. Nous réalisions des projets en psychosociologie. Nous parlions avec les gens souffrant du SIDA. Ils m’ont raconté beaucoup de choses. Cette expérience a éveillé en moi un intérêt pour travailler dans ce domaine. Je me suis retrouvée à chercher des opportunités où je pourrais mettre en pratique mes connaissances mathématiques au service du secteur de la santé, mais je n’ai pas eu beaucoup de chance au début. Ensuite j’ai accepté de suivre le cours à l’AIMS, que j’ai accompli avec succès. Je suis retournée en Tanzanie pour chercher les offres d’emploi, mais tout ce que j’ai pu trouver ne correspondait qu’à des travaux universitaires purement mathématiques. Je me demandais si je pouvais trouver un poste qui me permette d’utiliser mes compétences en mathématiques appliquées.

Quand je suis allée à l’AIMS, j’ai découvert beaucoup de cours et d'applications visant à résoudre des problèmes d’intérêt public. C’est aussi cela qui m’a poussée à m’intéresser à la modélisation des maladies. J’ai écrit un essai sur la modélisation démographique de la propagation de la maladie en Tanzanie et en Afrique du Sud. Et j’ai vu comment l’épidémie se développe dans ces deux pays.

Q: Quelles sont vos attentes en ce qui concerne cet atelier ?

A cause de mon intérêt au niveau de la population, je voulais faire quelques micros simulations pour observer ce qui se passait au niveau individuel pour ma maîtrise. Ainsi, j’ai découvert quelques logiciels que les gens utilisent pour produire des données, sur une épidémie particulière. Je me demandais si je pouvais écrire le mien, utiliser ces parties de logiciels pour en écrire d’autres afin de mieux comprendre l’épidémie et comment contrôler sa progression, communiquer ce que j’obtenais comme modélisation, la communiquer aux dirigeant de mon pays. Il se peut que les gens puissent faire changer la situation. Dans mon pays nous manquons de ce savoir, les données étant limitées. Même avec le peu de données que nous avons, les gens ne sont pas formés pour les analyser avec exactitude et les utiliser. Même si nous n’avions que quelques données, les modélisations pourraient sauver des vies. Nous pouvons utiliser la modélisation pour aider le public. J’ai donc pensé que si j’assistais à cet atelier, je pourrais apprendre beaucoup. J’ai trouvé MalariaControl.net et j’ai senti que si j’apprends à l’utiliser, je pourrais créer ma propre application chez moi. De plus, je crois qu’il est très important de rencontrer d’autres personnes qui travaillent sur les mêmes questions. Être connecté à un réseau n’est pas seulement utile pour moi, mais peut aussi l’être pour d’autres dans mon pays.

Q: Quelles sont vos perspectives d’avenir ?

Je suis actuellement à la recherche d’un emploi. Je retourne dans une institution de recherche particulière dans mon pays. Ils m’ont dit qu’ils recherchaient quelqu’un spécialisé dans la modélisation, parce qu’ils avaient beaucoup de données. Ils m’ont dit qu’ils avaient besoin de moi pour faire un doctorat avec eux dans les domaines du SIDA et de la malaria. Je leur ai envoyé mon CV et depuis, j’attends. J’espère que j’aurai de bonnes nouvelles à mon retour de l’atelier. Si ça ne marche pas, je devrais chercher un emploi dans une université. Cependant ce sera mon dernier choix, je préfèrerais vraiment travailler dans le domaine de la modélisation.


--Viola Krebs, ICVolontaires, traduction française Sophie Colesse, 23:41, 7 Aug 2007 (SAST)