Entretien avec Jan Groenewald
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Jan Groenewald (Afrique du Sud), Responsable Informatique à l’AIMS
Q: Comment vous êtes-vous engagé dans l’AIMS ?
La pression de mes collègues, je l’avoue. Plusieurs amis m’ont dit d’envoyer ma candidature. Et puisque ma formation est en science informatique et en mathématiques, ça a marché naturellement. C’était il y a quatre ans quand l’Institut a ouvert. Ce qui m’a beaucoup encouragé c’était la possibilité de développer des Logiciels Gratuits (Free Software (http://www.fsf.org/licensing/essays/free-sw.html)) pour la science en Afrique.
Je ne pense pas que je me doutais que ce serait un tel succès.
Q: Donc en fait, vous avez participer à sa mise en forme et à sa construction ?
Oui, c’est ça. Je suis venu ici pour observer la construction pendant les rénovations et j’ai réussi à savoir où se trouvait l’endroit où je travaillerais. Les rénovations étaient importantes et certains des premiers étudiants ont même aidé à finir les réparations pour cette année. Les ordinateurs et les manuels sont arrivés en même temps que les étudiants.
Q: Qui a eu l’idée de fonder l’AIMS ?
Le fondateur est Neil Turok, un Sud Africain, qui est cosmologue à Cambridge. Son père est membre du parlement sud africain et vit ici à Muizenberg. Ceci explique l’intérêt de la famille pour Muizenberg. Nous offrons une formation de neuf mois sanctionnée d’un diplôme en sciences mathématiques. L’idée de base est de préparer de bons étudiants, qui n’ont peut-être pas encore de grandes compétences ou d’expérience, pour de la recherche en Sciences Mathématiques. On leur enseigne également quelques notions pratiques de modélisation. Dans l’ensemble ils se débrouillent très bien en Masters et en Doctorat après avoir eu un diplôme de l’AIMS (AIMS (http://www.aims.ac.za) PGD).
Q: Comment l’AIMS s’est-il engagé dans le projet Africa@home ?
Le directeur de l’AIMS, Fritz Hahne à ramener Ben Segal à l’AIMS (http://www.aims.ac.za) après une réunion à SACEMA (http://www.sacema.ac.za) à Stellenbosch. SACEMA (http://www.sacema.aims.ac.za) est un partenaire clé de l’AIMS (http://www.aims.ac.za). Fritz m’a expliqué le concept et j’ai été intéressé par les aspects techniques et communautaires de Africa@home (http://africa-at-home.web.cern.ch/). C’est un mélange unique de concepts mathématiques et informatiques qui résonnent de logiciels gratuits (Free Software (http://www.fsf.org/licensing/essays/free-sw.html)). Fritz m’a laissé mener plus de projet sur les TIC à l’AIMS (http://www.aims.ac.za), et ainsi avec Ben nous avons examiné la possibilité d’accueillir cet atelier à l’AIMS (http://www.aims.ac.za). En fait, il a presque failli ne pas avoir lieu tellement il existait d’ateliers sur les mathématiques à la même date que la nôtre. Je suis heureux qu’il ait lieu, c’est un groupe dynamique de personnes avec de belles idées.
Q: Dite m’en plus sur l’AIMS et le genre de perspective que vous voyez pour l’engagement de l’AIMS dans ce projet ?
Maintenant que le succès de l’AIMS a été démontré, nous travaillons à la duplication de l’ institut ailleurs en Afrique, dans 15 pays africains, dans l’esprit d’un réseau de collaboration forte appelé AMI-Net (http://www.nepadst.org/platforms/aminet.shtml). Le calcul distribué prend tout son sens dans ce type d’environnement. Nous verrons sûrement une explosion de science et de technologie en Afrique. Il serait bien que des applications importantes soient développées.
Une des difficultés pour nous est le fait que nous devons nous déplacer sur tout le continent et nous ne pouvons pas déterminer facilement la qualité de chaque institutino. Le Nigeria en particulier, qui est très vaste et qui possède de nombreuses universités différentes. Il est donc trop tôt pour envisager les éventuelles complications que nous pourrions rencontrer, corruption, problèmes d’expertise, politique, etc. C’est probablement vouloir trop demander que d’espérer que les 15 instituts marcheront tout de suite. Certains devraient avoir à faire face à des délais. D’autres seront peut-être une réussite immédiate. A Madagascar, il y a actuellement 80 étudiants de troisième cycle en mathématiques à l’Université de Antananarivo (University of Antananarivo (http://www.univ-antananarivo.mg)), et c’est sans compter les autres départements scientifiques. Le département n’a pas la capacité de les superviser. Il n’y a pas assez de ressources pour les diriger. Nous espérons qu’avec un institut ici, nous pourrons accroître l’activité locale et les superviseurs éloignés qui pourront leur rendre visite régulièrement et les aider à entrer en contact avec les chercheurs eux-mêmes. Ce qui est la clé entre les anciens et les nouveaux professeurs et pour développer des capacités de modélisation modernes. Les logiciels gratuits (Free Software (http://www.fsf.org/licensing/essays/free-sw.html)) offrent une opportunité unique ici et nécessaire pour la science en Afrique. Nous utilisons la plateforme populaire Ubuntu Linux (http://www.ubuntulinux.org) pour tout le personnel et les étudiants et nous espérons voir des plateforme identiques avec AMI-Net (http://www.nepadst.org/platforms/aminet.shtml). Comme vous le savez la seule grosse dépense pour ce genre de séminaire que nous organisons cette semaine sont les taxes d’aéroports, ce qui signifie que la moitié de l’argent de soutien seulement est utilisé à la fin de la journée pour ce qu’il est censé financer. Un réseau de calcul distribué plus régional permettrait aux groupes de recherche de toucher de grandes quantités de personnes et d’avoir un retour sur investissement plus rapidement. Je souhaite que le premier institut démarre en janvier 2008, et d’ici 5 ans que nous pourrons diriger 15 instituts opérationnels. Quelques mois d’intense activité pour chacun seraient bien. Si on obtient les financements, les cour pourront commencer avant même que la construction du bâtiment soit terminée. Nous souhaitons que le réseau d’enseignants, de lecteurs et d’élèves de l’AIMS s’inspire de l’esprit pan africain encouragé ici pour devenir des partenaires à leur niveau de l’AMI-Net (http://www.nepadst.org/platforms/aminet.shtml).
NEPAD (http://www.nepad.org) (New Partnership for Africa's Development, Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique) nous aidera à trouver les les financements pour AMI-Net (http://www.nepadst.org/platforms/aminet.shtml). Nous comptons au départ sur les donateurs internationaux, mais nous espérons également que les Ministères de la science africains convaincront les gouvernements de participer de manière substantielle. L’AIMS (http://www.aims.ac.za) a commencé avec des fonds de donateurs internationaux, mais ces financements se sont réduits progressivement après parce que (naturellement) ils voulaient que les projets et les institutions trouvent leurs propres financements et leur pérennité. Je pense qu’actuellement que les deux plus gros donateurs de l’AIMS sont les Départements sud africains de Science et de Technologie (Science and Technology (http://www.dst.gov.za)) et de l’Education (Education (http://www.education.gov.za)). C’est une bonne situation car il est absolument indispensable d’avoir les gouvernements locaux à ses côtés pour assurer la continuité, sans laquelle une institution ne peut pas fonctionner sur une période minimum nécessaire. Les scientifiques africains doivent devenir des conseillers politiques pour leurs gouvernements si nous voulons réaliser la très médiatisée Renaissance africaine.
Q: Comment AMI-Net est-il structuré ?
Nous avons un conseil d’administration composé de 10 scientifiques africains plus Neil Turok, le fondateur de l’AIMS (http://www.aims.ac.za), et de deux représentants internationaux. L’AIMS (http://www.aims.ac.za) est le modèles des instituts, mais il devra y avoir une collaboration plurilingue, un réseau multi culturel, pas un qui soit conduit par l’AIMS (http://www.aims.ac.za). Même si il faut d’abord se concentrer sur l’Afrique, AMI-Net (http://www.nepadst.org/platforms/aminet.shtml) devrait devenir un collaborateur international pour la science en général. J’ai été membre du secrétariat avec Neil Turok, Fritz Hahne, Edward Lungu de Zambie et Emmanuel Tonye du Cameroun. Nous avons visité les sites éventuels pour les liaisons de AMI-Net (http://www.nepadst.org/platforms/aminet.shtml) pour vérifier et aider au développement des plans commerciaux.
Q: Vous en avez déjà fait beaucoup mais vous devez également faire face à des défis, n’est-ce pas ? Qu’en est-il de la fuite des cerveaux ?
De nos jours, on appelle ça la « circulation des cerveaux », car la diaspora est une grande ressource et certains de ceux qui sont partis reviennent pour participer. L’education en Afrique ne coûte qu’un cinquième de ce qu’elle représente en Europe. Il y a quelques exemples de bonnes opportunités pour les universitaires formés n’importe où en Afrique. Je pense à un exemple surprenant au Bénin, appelé IMSP (http://www.imsp-uac.org) (Institut de Mathématique Science et Physique) qui forme d’excellents étudiants en doctorat, avec très peu de moyens et aux possibilités qu’un tel institut aurait avec des moyens modernes et une bonne équipe de direction. L’Université de Khartoum (University of Khartoum (http://www.uofk.edu)) au Soudan a de formidables ressources de recherche utile et en pleine expansion, mais est encore très isolée en Afrique et dans le monde et est située dans une zone diplomatiquement sensible pour que l’on puisse y travailler. Tananarive (Antananarivo (http://www.univ-antananarivo.mg)), Cape Coast (http://www.ucc.edu.gh) et d’autres universités du Ghana, tout comme Makerere (http://www.mak.ac.ug) en Ouganda, sont des universités que nous avons visitées récemment et qui ont un excellent potentiel humain mais dont le manque d’infrastructures est un véritable obstacle. Cependant, elles offrent des possibilités économiques pour dépasser la situation actuelle et devenir des centres scientifiques d’excellence rentables en Afrique, à la fois pour l’enseignement et la recherche. Nous nous stimulons pour être toujours Rentables, Innovants, Corrects, tout en maintenant le plus Haut niveau de qualité ce que Neil appelle nos principes « RICH ».
Q: Où vont les étudiants une fois formés ?
Il y une grande pénurie de professeurs et d’enseignants qualifiés pour l’enseignement supérieur. Nous espérons que beaucoup de nos étudiants iront à l’université. Nous souhaitons également que beaucoup se lancent dans le marché de l’innovation ou dans des travaux sur les problèmes scientifiques liés aux défis et aux besoins de l’Afrique. Par exemple, dans le cas de la santé, nous fondons nos espoirs sur la modélisation de maladies comme le SIDA, la tuberculose et la malaria, etc. Ce n’est pas évident pour chacun immédiatement. Un de nos meilleurs étudiants a du mal à trouver un poste pour retourner en Tanzanie. Je me demande si ses compétences ne sont pas tout simplement trop importantes. AMI-Net (http://www.nepadst.org/platforms/aminet.shtml) peut permettre de créer plus d’opportunités et de collaborations qui peuvent faire avancer les choses encore plus loin. Les étudiants de l’AIMS (http://www.aims.ac.za) sont rès désireux de communiquer avec les scientifiques du monde entier et nous voulons voir cet esprit se développer dans d’autres régions plutôt qu’il soit concentré seulement en Afrique du Sud.
Q: Qu’attendez-vous du cours d’Africa@home pour vous-même et pour l’Institut?
Je suis à la fois un organisateur et un participant de ce cours et je veux apprendre quelque chose. Je crois que je serais capable de diffuser ce que j’ai appris à l’AIMS (http://www.aims.ac.za) et à AMI-Net (http://www.nepadst.org/platforms/aminet.shtml). Le concept du volontariat est important pour Africa@home (http://africa-at-home.web.cern.ch/). Le tout est d’en faire un tout petit peu plus pour que le projet devienne spécial. Africa@home (http://africa-at-home.web.cern.ch/) est un bon exemple de projet international qui implique des ressources informatiques même ici en Afrique, où de telles ressources sont rares, mais il y a un sentiment de responsabilisation. Le but final est de contribuer au niveau international. J’espère que je pourrais ajouter 100 ordinateurs après l’atelier et que je serais motivé pour les faire contribuer à la modélisation des maladies et aux problèmes environnementaux. Peut-être que bientôt nous serons en mesure de faire fonctionner des serveurs de calcul distribué avec AMI-Net (http://www.nepadst.org/platforms/aminet.shtml) pour que les scientifiques développent leurs applications pour cette plateforme.
--Viola Krebs, ICVolontaires, traduction française Sophie Colesse, 23:41, 7 Aug 2007 (SAST)


